Notes du 2 juin 2005

Les textes sur cette page -- Summary of this page :

-Un Québec libre, pour qui ?
-The Great Lieberal Orgy in Ottawa
-La Grande Bibliothèque: nationale... ou montréalaise ?
-Lettre ouverte à Hydro-Québec : Mêlez-vous de vos affaires!

Le 21 avril, le gouvernement a enfin décidé de se rendre au bon sens, malgré ce que dit la Loi sur les armes à feu, en retirant les accusations portées contre Jean-François Laflamme. Le procureur l'aurait fait pour des raisons humanitaires. Voir mon résumé de cette affaire causée par une loi inhumaine, car liberticide, qui crée des criminels pour désobéissance à l'État, au texte intitulé «Oublier de renouveler son permis est une infraction au Code criminel: les péripéties d'un chasseur de Plessisville, Jean-François Laflamme».

Sur cette même page, je montre un extrait d'une des meilleures histoires de chasse... celle des « Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon », racontée par Alphonse Daudet. Cet extrait donnait déjà, en 1872, certaines règles d'entreposage sécuritaire. Dans leur justification de l'enregistrement des armes à feu, les chefs de police disent qu'ils veulent savoir si vous possédez des armes à feu avant de se présenter à votre domicile; ce n'est pas pour votre sécurité mais pour la leur. Pourquoi pas des écriteaux obligatoires près de la porte d'entrée des domiciles, tel celui-ci: «Attention! Armes chargées à l'intérieur», ou bien celui-ci: «Propriétaire dangereux !». Mais il ne faudrait pas oublier de les mettre ces avertissements, sinon finie la sécurité!


Un Québec libre, pour qui ?

Les révélations de la Commission Gomery ont suscité un dégoût du gouvernement libéral; au Québec, ce dégoût a débordé, il fallait s'y attendre, sur le fédéralisme lui-même, car les témoignages entendus ont démontré que tous les moyens sont bons pour «sauver le Canada» et que les dés ont été pipés par les fédéralistes au référendum de 1995. Les libéraux ont exploité la peur pour se servir à même l'auge remplie par les payeurs de taxes.

Mais le graissage de ses petits amis n'est pas en soi le propre d'une structure fédérative de gouvernement. Il n'y a pas de lien de cause à effet. Les états unitaires peuvent même être pires à ce point de vue puisque le pouvoir y est moins partagé; il y a moins de ce qu'on appelle en anglais des «checks and balances».

Parmi les principales illusions auxquelles j'ai cru pour «changer le monde» en se servant de notre soi-disant «outil de développement», l'État, il y avait l'indépendance du Québec. Je n'étais pas nationaliste; ce narcissisme collectif ne m'attirait pas, non plus que le nationalisme canadian. Mais j'ai participé à quelques mouvements dits séparatistes, dont le Mouvement souveraineté-association (le MSA), de René Lévesque, dès sa formation en 1968, pour ensuite rejoindre son successeur, le Parti québécois jusqu'au référendum de 1980. Ceci faisait partie de mes expériences de constructivisme social (1), ou d'ingénierie sociale, ou d'étatisme, les Québécois servant de cobayes. Voici en quelques mots pourquoi j'ai changé d'idée sur le projet d'un Québec libre.

«L'argent est à Ottawa», mais c'est l'argent de qui ?

Le titre que j'ai choisi est peut-être inexact. Depuis le référendum de 1995 les indépendantistes parlent rarement d'un Québec libre. Sans doute se sentent-ils piégés par ce qu'ils ne veulent pas offrir aux futurs citoyens du Québec. Le discours est devenu moins nationaliste et plus structuraliste, quoique la reconnaissance du Québec comme nation fasse encore partie du décor. Nous serions en effet une nation asservie depuis 1760. Mettons de côté les discussions sur le sens de mots (on n'en sortira jamais) et laissons le passé où il est.

En principe, le Québec en tant qu'entité politique ayant les mêmes pouvoirs que le gouvernement canadien est aussi justifié que le Canada ou n'importe quel autre gouvernement. Le principal argument servant à justifier que tous les pouvoirs soient détenus par la nomenklatura politique du Québec est que «l'argent est à Ottawa». «Notre» État coûtant de plus en plus cher, les souverainistes demandent qu'Ottawa cèdent ses sources de revenus afin de pouvoir financer leurs propres ambitions et les demandes incontrôlables des nombreux bénéficiaires de cet État omniprésent, omniscient et tout-puissant qu'ils ont contribué à créer. Le soi-disant déséquilibre fiscal a mis du poids aux revendications souverainistes, du moins en apparence, car le fait qu'un gouvernement ait un surplus budgétaire n'est pas en soi une preuve de déséquilibre par rapport aux autres niveaux de gouvernement qui ont accès aux mêmes sources de taxation. Il ne s'agit donc que d'une lutte pour le pouvoir conduisant à une sorte de révolution de palais, l'un essayant d'accaparer les pouvoirs de l'autre afin de jouir de toute l'assiette fiscale.

Les grands gagnants seraient les groupes d'intérêts entretenus par l'État

Imaginons trois acteurs d'un jeu où un des acteurs (le payeur de taxes) est toujours le perdant, que nous appelerons P. C'est P qui fait vivre les deux autres, qui sont G1 (Canada) et G2 (Québec). Ceux-ci se chicanent continuellement sur leurs pouvoirs réciproques vis-à-vis P. Pour acheter le vote de P, G1 et G2 préfèrent ne pas accroître leurs pouvoirs directement sur P, lequel manifeste un rejet croissant des interventions étatiques, en particulier du fardeau fiscal. P n'a qu'un espoir lointain d'éliminer G1 et G2, ensemble ou séparément... Quelle devrait être la stratégie de P, considérant que G2 lui fera supporter le coût du manque de collaboration de G1 (les coûts de transition) et que pendant que G1 et G2 lui font la cour, P jouit peut-être d'une plus grande liberté qu'autrement ? Serait-il préférable pour P qu'il revendique pour G2 une simple décentralisation des pouvoirs de G1 vers G2, accompagnée d'un... amaigrissement de ces pouvoirs ?

Et pourquoi ne pas revendiquer une décentralisation de ces pouvoirs vers l'individu (P ci-dessus, qui serait alors gagnant de l'exercice) ?

C'est sur cet aspect que les souverainistes font fausse route, en associant tous les problèmes du Québec à un dysfonctionnement d'une structure politique fédérale et en remettant à plus tard ce qu'ils pourraient faire maintenant. En fait, sur un plan strictement structurel, Trudeau le centralisateur à Ottawa avait autant raison que Lévesque le souverainiste. S'il suffit en effet d'éliminer les dédoublements bureaucratiques, pourquoi ne pas éliminer G2 plutôt que G1 ? Le Parti québécois lui-même a montré la faiblesse de son raisonnement lorsqu'il a imposé les fusions municipales. Nous voyons maintenant le résultat. Évidemment les économies présumées ne doivent pas être la seule raison motivant la préférence d'un régime par rapport à un autre. Voir à ce sujet mon texte «Pour que le peuple gouverne», écrit il y a déjà cinq ans.

J'ai donc pris conscience que cet exercice collectiviste, nationaliste, n'était qu'une lutte de pouvoir où l'individu (c'est-à-dire le nous au singulier) est considéré comme la quantité négligeable, au même titre que le militaire qui envoit ses soldats à l'abattoir pour dorer son blason. Les trois vieux partis en présence (Parti libéral, Parti québécois, et... l'Action démocratique, lequel essaie toujours de mimer les deux autres) montrent une préférence marquée en faveur de l'intervention étatique, quoiqu'à divers degrés. Entre les trois, les différences sont mineures.

De plus, mon contact quotidien avec la fonction publique québécoise pendant 15 ans a renforcé mes doutes sur les avantages présumés et les risques de l'aventure souverainiste. Pourquoi transférer au Québec les structures bureaucratiques fédérales si cela ne soulage pas le fardeau supporté par nous tous, les individus ? Les fonctionnaires québécois seront-ils plus efficaces dans une situation de monopole ? En fait, en quoi l'efficacité des fonctionnaires peut-elle nous être utile en tant qu'individus, si le Québec souverain ne signifie pas plus de souveraineté en faveur des individus mais au contraire le renforcement de l'appareil gouvernemental ?

Finalement, les problèmes de transition (car il y en aura plusieurs) ne pourront que donner de l'eau au moulin à tous les activistes, syndicalistes et autres groupes d'intérêts qui sautent sur toutes les occasions pour exiger une hausse des avantages qu'ils reçoivent des payeurs de taxes et des consommateurs. Nous voyons déjà qu'aujourd'hui ce sont eux qui mènent le bal. Les manifestations sont leur sport favori. Comment pouvons-nous espérer faire mieux avec plus de pouvoirs quand nous ne savons pas utiliser ceux que nous avons déjà ? Le Québec est miné, non pas par le fédéralisme en soi, mais par ses groupes de pression qui cherchent continuellement à tirer le maximum d'avantages à la fois des consommateurs et des payeurs de taxes, tant à Québec qu'à Ottawa. Il serait totalement improductif que nous ayons encore à discuter de tout ceci au cours d'un troisième référendum.



(1) Des exemples extrêmes de constructivisme social sont le nazisme (au nom de la race), le communisme (au nom de la classe sociale) et l'islamisme (au nom de la religion). Entre ces extrêmes il y a une infinité de variantes d'interventionnisme au nom du «bien commun», de la santé publique, de la solidarité, de la foi, etc. En soi, il est certes louable de vouloir améliorer les choses sauf que les idéologues d'un certain collectif le font de façon coercitive, au mépris de la liberté individuelle. Il n'y rien de plus dangereux que quelqu'un qui croit avoir toujours raison et qui s'inspire d'une idéologie fondée sur des dogmes et prétendant répondre à tout. Le meilleur constructivisme est celui qui suit la règle suivante: Ne pas faire à autrui ce que nous n'aimerions pas qu'il nous fasse à nous-mêmes. Ainsi, je ne demanderai jamais des avantages au gouvernement car je sais qu'il devra voler d'autres personnes, via les impôts, pour me payer ces avantages... Retour >>

1er juin 2005

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The Great Lieberal Orgy in Ottawa

Many were hoping for elections in June but it seems, for one, that the electorate is not ready; so say lieberals and others. They are not ready to spend $30 million for an election but they don't mind letting the lieberals distribute billions before the budget was even voted in Parliament. Then, Paul Martin has also succeeded in his... sponsorship of the necessary votes in the House of Commons to get a tie vote, 152-152, on June 19, on the NDP add-on to the liberal budget. The House leader, a lieberal, settled in favour of the government.

On February 3 (a few weeks before the February 23 budget), Minister of Finance Ralph Goodale declared «that there will not be much surplus cash to play with for the coming two years because excess revenues will be eaten up by the $7-billion-a-year increase in health care and equalization payments to the provinces» (National Post, February 4). The Februry 23 budget showed (although figures are easy to manipulate...) a zero surplus for fiscal years 2005 to 2010, after reserves of 31,5 billions over the period, to be applied mostly to the reduction of the $500-billion debt. This year, the federal liberal government is taking $200 billion out of our pockets; see my article (in French) «Les vautours se sont jetés sur le surplus fédéral».

On April 21, Paul Martin promised he would call an election 30 days after the final Gomery commission report scheduled in December. We may however expect Paul Martin to find some reasons to postpone the election date further in late Spring... This inquiry has revealed that the Lieberal Party received cash contributions from proceeds of inflated contracts granted to friends of the lieberals out of public funds (remember the Union Nationale under Maurice Duplessis?). But this is only the tip of the iceberg. Most contracts are granted to friends of the regime and most government spending goes to buy votes.

Paul Martin did illustrate this in an obvious way: in three weeks from his April 21 so-called apology, the Premier signed agreements to incur $22-billion in additional expenditures. That's not counting the $5-billion commitment to buy support from the NDP, the agreements with Ontario ($5,8-billion) and Newfoundland and some loopholes. Now, the question is: where is it all going to lead us? Should we leave Paul Martin to take care of the financial mess he is creating? On May 19, did the House really vote on the real budget?

Bye, BelindaThe opposition lost the confidence vote on the budget, thanks mostly to Ms. Belinda Stronach who left the conservatives. All in all, it is quite normal that lieberals join other lieberals. However, contrary to her motives, there is more to progress than the defence of homosexuality, abortion, special interest groups, and the redistribution to our friends of monies taken forcibly from taxpayers. When we join a political party, we have to agree on certain common principles; otherwise it is simply opportunism. Ms. Stronach said she is afraid of the Bloc québécois and the rise of separatism in Quebec. Let me recall to the lieberals that they themselves created the environment giving rise to separatism, from Jean Lesage, to Robert Bourassa, to Trudeau, Claude Ryan, and finally Jean Chrétien. Separatism has grown elsewhere also. Lieberals have spread a general distrust in federal institutions, starting with the Supreme Court! Ms. Stronach has joined a party that is a lie even in its name, the lie-beral party being a threat to liberty since it favours state controls and government intervention and spending over individual freedom. While being a net cost to society, governments rip off close to half of GDP growth every year. This is outrageous. Politicians are worse than the CEO or Chairman of the Board who takes a big raise in benefits while business is down, because at least consumers are free to buy their company's products or services, while we are not free not to pay taxes.
May 23, 2005

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La Grande Bibliothèque: nationale... ou montréalaise ?

Le 29 avril, quelque 800 personnes, la plupart des politiciens, bureaucrates et intellos patentés, dont la vie dépend des payeurs de taxes, se sont rassemblés au nouvel édifice de la bibliothèque dite nationale pour pavoiser leur admiration de cette bâtisse de 98 millions de $, plus environ 80 millions pour le contenu et 40 millions annuellement pour les futures acquisitions. L'objectif serait d'inciter les gens à la lecture, tous les gens, car Lucien Bouchard a bien dit à l'occasion que «tout le monde aura accès». Mais admettons qu'il fallait d'abord imiter la France et la biblio de Mitterand, tous très prisés dans ces milieux.

Retombons sur terre. Pour l'instant, il y a plus d'investi dans les matériaux de construction que dans les livres et un livre, un journal, tout imprimé, ou un disque ou tout autre media contenant de l'information n'est qu'un objet matériel d'entreposage de l'information, que la Grande Bibliothèque concentre dans son édifice. C'est le moyen de transmission qui assure l'accessibilité et quand ce moyen est un édifice, il ne faudrait pas se faire d'illusions sur... l'accessibilité, malgré l'apparente gratuité. L'édifice en tant que moyen impose plusieurs contraintes. Avec les moyens que l'on connaît depuis l'invention de la radio, et maintenant avec internet, la bibliothèque dite publique est plutôt limitée et dépassée. Voyons quelques contraintes qui permettent de comprendre que la bibliothèque ne peut pas être publique et qu'il s'agit plutôt d'un gros cadeau à ses bénéficiaires (en premier lieu ses employés!):

1. La distance: cette seule contrainte fera que les principaux clients de la Grande Bibliothèque seront les Montréalais. Pensez-vous qu'un résident de Gaspé (ou de Ste-Adèle) se rendra à Montréal pour emprunter un livre ? On ne peut en effet emprunter qu'en se rendant sur place (de plus, plusieurs collections ne peuvent être consultées que sur place). Mais pourrait-on emprunter de sa bibliothèque locale, qui souvent n'est qu'une petite salle qui n'ouvre ses portes que quelques heures par semaine? Supposons que ça viendra, mais il y a une autre contrainte:
2. Le temps: j'ai fait l'expérience à trois reprises d'un réseau régional et le temps d'attente est de deux mois. Mieux vaut aller chez son libraire ou encore commander par internet.
3. Parlons d'internet: la Grande Bibliothèque n'a que 1 500 livres sur 1,2 millions qui sont numérisés. J'ai fait l'expérience et c'est pitoyable. En plus, allez donc télécharger un livre de 20 méga-octets avec une connection de 28 kbits/sec ! C'est le genre de connection que l'on trouve généralement hors des centres urbains.

Je me suis quand même inscrit à la Grande Bibliothèque, surtout pour l'expérience (le nombre d'abonnés par internet ne veut pas dire grand chose), car pour moi et bien des gens dans ma situation, hors de Montréal, cette biblio restera bien petite. Après les hôpitaux universitaires, c'est un autre cadeau aux gens de Montréal qui n'arrivent même pas à payer leurs réparations d'aqueduc et d'égoûts!
23 mai 2005

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Lettre ouverte à Hydro-Québec : Mêlez-vous de vos affaires!

Il y a beaucoup d'officines, liées directement ou indirectement à Big Brother, qui veulent en savoir beaucoup sur notre vie privée. Comme l'Hydro-Québec dans ce qui suit, ils prétextent évidemment vouloir nous aider et nous offrent même un petit cadeau comme appât afin que nous collaborions volontairement à notre esclavage. Puisque c'est toujours nous qui payons, j'ai envoyé cette réponse à l'Hydro-Québec pour leur faire savoir que nous sommes capables de voir nous-mêmes à nos affaires et qu'ils nous en laissent les moyens.

Monsieur Richard Aubry
Directeur, Efficacité énergétique
Hydro-Québec

Objet: Diagnostic résidentiel «Mieux consommer»

Monsieur,

J'ai bien reçu votre long questionnaire de 127 questions (ayant jusqu'à 20 possibilités de réponse) sur nos habitudes de consommation non seulement de l'électricité, mais de toutes les sources d'énergie disponibles au Québec. J'ai décidé de ne pas y répondre. Voici pourquoi:

- Grâce à mon portefeuille, je suis déjà «sensible à l'utilisation efficace de l'énergie». En fait, je suis tellement sensibilisé à toutes sortes de choses que je suis devenu insensible à toute sensibilisation ultérieure.

- Votre façon de faire démontre plutôt le peu d'efficacité d'Hydro-Québec. Quand on sait qu'il est plus facile de prendre rendez-vous avec un vétérinaire pour son chien qu'avec un médecin pour soi-même, vous, vous prenez le temps de faire à nos frais une volumineuse banque de données nominatives sur nos choix individuels en matière d'énergie. Il n'y a rien pour nous assurer que ces données serviront uniquement aux fins mentionnées, nous donnant droit à deux fluorescents compacts… Nous avons déjà à répondre à suffisamment de questionnaires venant du gouvernement, dont les objectifs sous-jacents sont de tout savoir sur la population pour mieux la contrôler. Si le ministre Mulcair, qui s'intéresse aux poêles à bois, veut savoir quel type de poêle à bois j'ai (Question 33), il n'a qu'à venir me le demander. Il aura la même réponse.

- Pour ce qui est par exemple de savoir: le nombre de bains que nous prenons chaque semaine (Question 70), la durée moyenne des douches, le nombre de séchages de linge à la machine, la fréquence d'utilisation de certains outils de bricolage (Question 104), si nous possédons des lits d'eau, le nombre et la durée d'utilisation des ordinateurs, etc., etc., ceci n'est tout simplement pas de vos affaires.

Votre rôle est de produire de l'électricité au moindre coût, ce qui n'est pas assuré car 1) vous êtes un monopole sans concurrence et il n'y aucun indicateur de votre efficacité; 2) vous êtes en plus une société d'État dont le fonctionnement est calqué sur celui de la fonction publique; et 3) vos choix sont faits en fonction d'objectifs politiques (exemple: vous optez pour les moulins à vent deux fois plus coûteux et vous mettez de côté l'option nucléaire qui offre un véritable choix à long terme).

Contentez-vous de facturer le prix que ça coûte et vous aurez les meilleures incitations à faire des économies d'énergie sans qu'il soit nécessaire de constituer une banque de données pour dire aux gens qu'ils passent trop de temps à l'ordinateur (Question 99)!

En passant j'ai une question pour votre actionnaire: quand vendrez-vous?

Je termine en citant ces mots retrouvés à la fin de votre questionnaire, mots qui semblent venir de Big Brother, «Merci de votre collaboration!»

Lettre publiée sur le blogue du Québécois Libre le 6 mai 2005.

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